Sans être une réalité nouvelle, la numérisation des fonds culturels est sous les feux de l'actualité depuis plusieurs mois [...]. Une puissante industrie est prête pour investir le secteur. [...].
Baptisé initiative « Bibliothèques numériques », le programme promu par la Commission européenne ambitionne tout simplement de mettre la culture à portée de clic. [...] L' objectif opérationnel est de mettre en ligne les collections conservées par les bibliothèques, les centres d' archives et les musées de toute l'Europe. Selon la commission, les bibliothèques européennes contiennent à elles seules quelque 2,5 milliards de documents sans compter des millions d' heures de films et de vidéos sur l' histoire et la culture en Europe. [...]
...une véritable industrie
Résultat, même si ce marché demeure une niche, une véritable industrie de la dématérialisation s'est développée. Les sociétés actives sur celui-ci se répartissent entre les fabricants et distributeurs de scanners, les éditeurs de logiciels et les prestataires de services. [...]. Sur le marché français, les plus importants sont Jouve, incluant Safig, et Diadeis. [...].
un million d' ouvrages par an
« Les capacités de numérisation d' ouvrages patrimoniaux par des sociétés françaises varient entre 500 000 et 1 000 000 d'ouvrages par an », indique Jean Charles Morisseau de Diadeis. Une estimation faite en ajoutant l' ensemble des besoins de tous les appels d' offres. Pour le patrimoine, ces derniers sont en général lancés par des organisations publiques. Ce qui facilite leur identification. Ces capacités devraient croître rapidement. [...]
des coûts « élastiques »...
Si les technologies sont arrivées à maturité, les coûts afférents à la numérisation le sont moins. « Numériser un ouvrage revient de 10 à 1 000 euros », lance, provocateur, Jean-Charles Morisseau. Si la fourchette de prix avancée par des donneurs d' ordre, par exemple la BNF, est un tantinet plus resserrée, elle laisse apparaître de grandes différences peu explicables au premier abord. [...].
Jean Charles Morisseau de Diadeis rappelle : « Au-delà du volume [ plus important est celui-ci, plus faible est le coût unitaire], l' état des ouvrages est primordial. Soumis à une obligation de dépôt légal, les éditeurs ont parfois fabriqué l' exemplaire destiné à cet usage à partir de chutes de papier. Autre exemple, des séries sont mal massicotées. Imprévisibles, ces facteurs impactent bien sûr le temps passé et donc le coût ». Pour une océrisation de qualité, certains ouvrages s' avèrent plus compliqués que d'autres à valider. « À toutes les époques, les auteurs emploient de nombreuses combinaisons pour écrire le même mot. Sainte Geneviève peut s' écrire St, S...», illustre Jean-Charles Morisseau. Des variations qui impliquent un temps supplémentaire. De même, la pagination n' a pas toujours été une science exacte. Une seule certitude, les prestataires développent et perfectionnent leurs approches. Au vu des outils, ils entrent dans l' ère industrielle. Même s'«il demeure parfois nécessaire de revenir à des approches artisanales », pondère Jean-Charles Morisseau.[...].« Bref une tâche d' édition qui se traduit par du temps et donc un coût », résume Jean-Charles Morisseau.Archivage probant et numérisation patrimoniale, même combat!
